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Choisir son couteau

Gyuto : le couteau de chef japonais, pour qui et comment l’utiliser

Le gyuto est le couteau de chef japonais : une lame longue et polyvalente, plus fine, plus légère et plus dure qu'un couteau de chef européen. Il convient à qui cuisine souvent et en quantité, et s'utilise aussi bien en coupe poussée qu'en mouvement de bascule.

Mis à jour le 2 novembre 20266 min de lecturePar Kiru

Le gyuto est le couteau de chef japonais : une lame longue et polyvalente, plus fine, plus légère et plus dure qu’un couteau de chef européen. Il convient à qui cuisine souvent et en quantité, et s’utilise aussi bien en coupe poussée qu’en mouvement de bascule.

Voici d’où il vient, ce qui le distingue d’un couteau de chef classique et d’un santoku, quelle longueur choisir, comment bien s’en servir et l’entretenir.

Gyuto : qu’est-ce que c’est ?

Gyuto signifie « lame pour le bœuf ». Le nom rappelle son origine : c’est la version japonaise du couteau de chef occidental, adoptée au Japon quand la viande a pris sa place dans la cuisine du pays. Les forgerons japonais en ont gardé la silhouette, mais l’ont fabriqué à leur manière, avec des aciers durs et une lame fine.

On le reconnaît à :

  • Une lame longue, le plus souvent de 18 à 24 cm, parfois plus pour les usages professionnels.
  • Un tranchant arrondi vers l’avant, qui remonte vers une pointe fine.
  • Un double biseau, qui convient aux droitiers comme aux gauchers.
  • Une lame moins haute que celle d’un santoku, mais assez pour laisser passer les doigts.

Malgré son nom, le gyuto ne sert pas qu’à la viande : c’est un couteau à tout faire, comme le couteau de chef dont il descend.

Quelles sont les utilisations du couteau gyuto ?

  • Les légumes : émincer, ciseler, tailler en julienne ou en brunoise, hacher des herbes en bascule.
  • La viande : trancher un rôti, couper un magret, parer une pièce, détailler en dés ou en lanières.
  • Le poisson : couper un filet en portions, trancher un saumon pour un tartare ou des sashimis maison.
  • Les gros volumes : un chou, une botte de poireaux, un melon, une grande quantité d’oignons pour une soupe.
  • Le travail de pointe : inciser une peau, ciseler une échalote dans la longueur, dégager un morceau.

En pratique, un cuisinier qui possède un gyuto s’en sert pour la grande majorité de ses coupes, et garde un petit couteau d’office pour le reste.

Quelle différence entre un gyuto et un couteau de chef classique ?

Gyuto (chef japonais) Couteau de chef européen
Épaisseur de lame Fine Plus épaisse
Poids Léger Plus lourd
Dureté de l’acier Plus élevée, souvent autour de 60 HRC Plus tendre
Tranchant Plus fin, garde son fil plus longtemps Plus robuste aux chocs
Courbe Plus plate sur la partie arrière Plus arrondie sur toute la longueur
Manche Japonais en bois ou occidental Occidental riveté, souvent avec mitre
Entretien Pierre à eau Fusil et pierre

En pratique : le gyuto entre dans l’aliment avec moins d’effort et fatigue moins la main sur une longue préparation. En contrepartie, il demande plus d’égards : pas de torsion dans une courge dure, pas d’os, pas de planche en verre. Le couteau de chef européen, plus lourd, laisse son poids faire une partie du travail et pardonne davantage les chocs.

Quelle est la différence entre un gyuto et un santoku ?

Gyuto Santoku
Longueur habituelle 18 à 24 cm 16 à 18 cm
Pointe Fine et relevée Abaissée
Tranchant Arrondi vers l’avant Presque droit
Gestes Bascule, coupe poussée, coupe tirée Coupe poussée, coupe verticale
Grosses pièces À l’aise Limité par la longueur
  • Choisissez un gyuto si vous cuisinez souvent, pour quatre personnes ou plus, si vous découpez de grosses pièces, ou si votre geste habituel est la bascule.
  • Choisissez un santoku si vous cuisinez pour une ou deux personnes, sur une petite planche, ou si vous débutez avec les couteaux japonais. Voir notre article couteau santoku : à quoi il sert.

Beaucoup de cuisiniers finissent par avoir les deux, ou un gyuto et un petit couteau d’office.

Quelle longueur de gyuto choisir ?

  • 18 cm : le plus maniable, proche d’un santoku en encombrement. Bien pour une petite cuisine ou une main menue.
  • 21 cm : le choix le plus courant pour la maison. Assez long pour les grosses pièces, assez court pour une planche normale.
  • 24 cm et plus : pour les grandes planches, les grandes quantités et les cuisiniers à l’aise. C’est une taille courante en cuisine professionnelle.

Une règle simple : la lame doit être nettement plus courte que la largeur de votre planche, pour pouvoir la manier sans buter contre les bords.

Manche japonais ou occidental ?

Le gyuto existe avec les deux. Le manche japonais, léger, en bois, souvent octogonal ou en D, fait avancer l’équilibre vers la lame : le couteau semble plus vif. Le manche occidental, riveté, plus lourd, recule l’équilibre vers la main et rassure qui vient d’un couteau de chef européen. Les deux coupent pareil ; c’est une question de sensation.

Comment utiliser un gyuto ?

La prise pincée

Pincez la lame entre le pouce et l’index, juste devant le manche, et refermez les autres doigts sur le manche. Le couteau devient le prolongement de la main ; c’est la prise de la plupart des cuisiniers professionnels.

Les quatre gestes du gyuto

  1. La bascule : la pointe reste au contact de la planche, le talon monte et descend. Idéal pour hacher des herbes ou de l’ail.
  2. La coupe poussée : la lame avance et descend en même temps. Le geste de base pour les légumes.
  3. La coupe tirée : la lame recule en tranchant sur toute sa longueur. Pour la viande et le poisson.
  4. Le travail de pointe : la pointe fine sert à inciser, ciseler une échalote ou dégager un morceau.

L’autre main guide l’aliment en griffe, le bout des doigts replié, les phalanges contre le plat de la lame. Les gestes de base sont détaillés dans notre guide émincer, ciseler, julienne.

Un cas concret : un rôti et ses légumes

Avant la cuisson, le gyuto émince les oignons en coupe poussée, coupe les carottes en biseau, hache le thym en bascule. Après la cuisson, il tranche le rôti en coupe tirée, en une passe par tranche, sans scier. Un santoku ferait les légumes aussi bien ; pour les tranches du rôti, la longueur du gyuto fait la différence.

Ce qu’il faut éviter

  • Racler la planche avec le tranchant pour ramasser les aliments : retournez la lame et utilisez le dos.
  • Couper des os, des carcasses, des aliments surgelés, ou forcer en tordant la lame.
  • Le lave-vaisselle, et le laisser tremper dans l’évier.
  • Une planche en verre, en marbre ou en ardoise.

Comment entretenir et aiguiser un gyuto ?

  • Après chaque usage : lavage à la main, séchage immédiat, rangement sur un bloc, une barre aimantée ou dans un étui.
  • Pour garder le fil : une planche en bois ou en plastique, et des gestes sans torsion.
  • Pour l’aiguiser : une pierre à eau. Un fusil en acier classique convient mal aux lames très dures, qui risquent de s’ébrécher ; préférez la pierre, ou un fusil en céramique pour un simple entretien entre deux aiguisages.

Pour la méthode pas à pas, lisez notre guide aiguiser un couteau japonais sur une pierre.

Notre conseil pour choisir votre gyuto

Si vous cuisinez tous les jours, prenez un gyuto de 21 cm : c’est la longueur qui convient au plus grand nombre. Choisissez un acier inoxydable si vous voulez un couteau sans contrainte, carbone si vous aimez le voir se patiner. Et prévoyez une pierre à eau : un gyuto bien entretenu coupe comme au premier jour pendant des années.

Découvrez nos couteaux gyuto, chacun avec son acier, sa dureté et sa longueur indiqués.

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